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ALEHSAM

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Ce blog a pour but de vous présenter le projet de construction de hôpital Ste Anne pour les pauvres à Mananjary à Madagascar et les actions menées par l’association ALEHSAM pour aider à la construction et le financement de cet hôpital.


Lettre commune Décembre 2010

Publié par Alehsam sur 9 Janvier 2011, 23:03pm

Catégories : #Lettres communes de Jean-Yves LHOMME

Mananjary, le 31 décembre 2010 

Chers parents et amis, 

 

J’aurais aimé que cette lettre à tous vous parvienne à la fois avant la fête de Noël et le nouvel an. Comme je n’ai pas eu le loisir et surtout le temps de m’y mettre pour qu’il en soit ainsi, il ne me reste plus qu’à penser et espérer que vous avez passé de belles fêtes de fin d’année et que  2011 commence sous d’heureux auspices. La dernière missive « remonte » au 24 août 2009. Depuis, les choses ont avancé malgré tout…comme  les calamités naturelles et moustiques entre autres.

Vous vous souvenez sans doute que je vous parle quasiment à chaque fois de cyclones ! Les 7 et 8 avril 2009, c’était Jade. Les 4 – 5 – 6 mars 2010, Hubert ! Mais cette fois, je n’ai pas trop envie de « m’étendre » en détails  sur les dégâts occasionnés car ce que j’écrivais  en 2009 reste vrai et c’est encore une fois vérifié.  Des dégâts, il y en a eu aussi bien sur le site HSA qu’ici à Mananjary où le matériel stocké à l’évêché  a souffert de la brusque montée des eaux au point qu’il a fallu trier, faire sécher et malheureusement jeter. Impressionnant, déroutant…et épuisant ! Des journées de travail pour le plus urgent avant d’être cloué au lit deux jours  par le fameux chikungunya transmis par un moustique (encore un autre celui là, différent de l’anophèle du paludisme)…et si ça fait très mal dans tout le corps, ce sont les articulations qui sont les plus douloureuses…pendant un temps certain,  en fait des semaines. Si on ne l’attrape qu’une fois dit-on  le corps ou les articulations à un moment ou l’autre font de nouveau mal pour quelques jours de façon supportable…et puis, au fil des mois, cela s’estompe. Beaucoup de personnes, des milliers, ont été touchées dans notre région mais l’information n’a sûrement pas franchi les frontières du pays pour que vous en ayez eu connaissance. Le gouvernement de transition et son ministère de la santé s’en sont émus. L’île de La Réunion avait également connu une « épidémie »  dans les années 2005-2006. On en avait parlé à ce moment là en France d’autant plus qu’on retrouvait ce moustique en Italie ou en Provence, je crois et qu’il y avait donc  une crainte…légitime voire fondée (ou non). Si le seul remède est la prise de paracétamol et  d’anti-inflammatoires, le premier néanmoins reste la démoustication. Un département français comme La Réunion, petit territoire de 2500 km², de fait, en  avait les moyens ; pas nous à Mananjary et sa région ! Puisque ce mot de « chikungunya » est difficile à prononcer ici, les personnes atteintes ont eu l’humour de l’appeler « kilalaka ». C’est une danse traditionnelle, très belle d’ailleurs, de la région de Tuléar dans le sud ouest du pays. On plie les genoux et on fait remuer vivement les jambes. Dans le fond, c’est un peu ça…mais au ralenti… dans la douleur et non point le plaisir !

Voilà pour ce qui n’a pas été très agréable en 2010 et nous a,  de différentes manières, pénalisé  dans le travail sur le projet ! Pénalisé dans le sens où j’ai fonctionné « à petite vitesse » près d’un mois alors qu’il fallait réparer ce que les pluies cycloniques (489 mm d’eau en 5 jours et 1319 pour tout le mois de mars) avaient détériorées. De mémoire humaine, à Mananjary, il fallait remonter à 1958 ou 1959 pour trouver une  ville sous tant d’eau sans amélioration pendant des jours avec un niveau qui ne cessait de monter et un soleil qui  ne paraissait plus. Désespérant ! Avec la confirmation toutefois de la nécessité, en ce qui concerne l’énergie du futur hôpital Sainte Anne, d’un système hybride qui, incluant le solaire et l’éolien, ne nous dispensera pas de l’économie d’un groupe électrogène suffisamment puissant. Fort de ce que  les éléments nous imposent, des décisions ou des options sont prises pour que le projet HSA « colle » au mieux face aux  aléas climatiques et à l’environnement. Il n’y a plus de doute possible ! Les décisions prises dès le début, fin 2007, pour rendre viable et constructible ce site magnifique mais difficile et les travaux engagés à cette fin s’avèrent aujourd’hui gratifiantes. Ce fut, quelque part, un « combat » qu’il m’a fallu mener et parfois  seul…mais ce n’est plus vrai aujourd’hui avec l’arrivée de Tanguy.

Des désagréments en 2010 ! On vient de le voir…mais il y a heureusement tout le reste ! Telle la venue fin janvier début février à Madagascar et à Mananjary de frère Renaud, religieux prémontré de l’abbaye de Mondaye en Normandie mais aussi curé de campagne, une campagne normande de 40 clochers, que vous connaissez ou non mais avec qui vous avez néanmoins un lien puisque c’est lui qui vous expédiera comme à chaque fois cette lettre. Renaud est un ami d’enfance de mon pays natal en Touraine. Une amitié de 40 ans maintenant ! Ce travail de tirage et d’expédition postal ou via Internet à sa charge est aussi pour lui un moyen de participer à ma mission depuis de longues années ;  en fait, depuis  le début. Et si ce n’était pas faute de l’inviter, ses généreux paroissiens lui ont permis de venir nous voir à Madagascar.

Fin mars début avril, c’est Evelyne et Jacques, de Touraine aussi, des amis encore de plus de 35 ans, architectes de profession qui venaient sur le site pour la  seconde fois (la première en 2004). Ils sont les amis architectes bénévoles du projet HSA. Ils sont restés avec nous 3 semaines. Les matinées étaient occupées sur le site à procéder à différents relevés qui n’avaient franchement jamais été faits de façon précise mais qui s’avéraient indispensables pour la poursuite cohérente du projet dans son ensemble et totalité. Et cela d’autant plus, que nous ne savions pas, pratiquement jusqu’à leur départ, si nous avions assez de place pour l’hôpital aux endroits réservés. Une inquiétude jusqu’au dernier moment mais levée après toutes sortes de vérifications. Le terrain est immense avec ses 6 collines…mais il ne fait pas 20 ha comme je l’ai pensé et  écrit mais la moitié affirmaient Evelyne et Jacques. De fait, ce terrain avait été vendu et borné en 2 lots et le nôtre est de : 9 ha – 29 a – 60 ca. Il n’en demeure  pas  moins  qu’il est immense,  que le travail accompli  est énorme et que le reste à faire demeure considérable ! Evelyne et Jacques réservaient leur après midi à un travail de mise en forme de leurs relevés du matin,  à un travail sur planche à dessin avant que l’ordinateur reprenne tout cela à leur retour en France, à des  discussions et partages et  ainsi faire  avec nous des choix indispensables avant leur départ. L’ensemble est pensé et terminé et nous avons déjà un certain nombre de documents, les plans en particulier, entre les mains. Quel travail nos amis ont fait ! Formidable ! Et surtout un grand  merci. Ils reviendront vers la fin de l’année 2011.

J’étais à Paris tout le mois de juillet, non pas en congé, mais pour l’AG (un mois environ tous les 6 ans) des Missions Etrangères auxquelles j’appartiens. J’avais été élu délégué par mes confrères de l’Océan Indien pour les représenter à ce temps fort de notre vie missionnaire. C’était l’occasion de se revoir avec Evelyne et Jacques pour le projet et leur faire rencontrer Tanguy envoyé sur ma demande par le service des volontaires des Missions Etrangères pour travailler avec nous sur le projet HSA. Tanguy est originaire du nord de la France et fait une école d’ingénieur, secteur bâtiment option architecture en ce qui le concerne. Cette année passée avec nous aura valeur de stage. A son retour, il lui restera une année à terminer avant d’obtenir son diplôme d’ingénieur. Il est arrivé dans les premiers jours d’août et après un mois d’initiation à la langue malgache par un cours relativement intensif (il se débrouille plutôt bien aujourd’hui pour parler la langue avec les ouvriers dont il a la charge), il s’est très vite investi  dans les responsabilités qui sont les siennes. A deux désormais, les choses vont plus vite  et vont nous permettre de passer au cours de ce premier semestre 2011 à l’étape suivante qui est celle de la construction des premiers bâtiments alors même que nous n’avons pas, à ce jour, complètement terminé la première. Etape préliminaire  qui, vous le savez, est la construction de plusieurs murs de soutènement qui, finalement, ceintureront l’ensemble des 3 plates formes sur lesquelles sera construit l’hôpital. Un travail gigantesque puisque nous ne serons pas loin des 400 mètres de murs de soutènement. Nous devrions en avoir terminé dans quelques semaines avec ces fameux murs qui, s’ils sont beaux à voir, sont d’abord indispensables si nous ne voulons pas hypothéquer l’avenir en construisant des bâtiments et risquer des glissements de terrain.

Si de mon côté, je travaille davantage ces dernières semaines  au transport de matériaux en quantité relativement importantes en vue des constructions : sable de rivière que nous allons chercher nous-mêmes et tous les jours de l’autre côté du fleuve Mananjary (avant que la boue des crues ne vienne le souiller) , gravillons et pierres de divers calibres que j’achète dans des carrières artisanales aux alentours du site, livraison après avoir passé contrat des moellons en granit taillé pour les murs de soutènement mais aussi pour la base des futurs bâtiments, Tanguy travaille ces jours à la construction du site de fabrication des briques. Il fallait construire avec des matériaux locaux 3 immenses cases : Fabrication, séchoir et stockage. Les 2 premières sont terminées ; la troisième le sera sûrement avant la fin du mois de janvier. Avec la machine en place, il a pu déjà commencer les tests et essais. Il lui faut encore un peu de temps pour à la fois former une équipe et  trouver la meilleure latérite et obtenir la texture optimum avant de se lancer dans la fabrication en nombre.

 Très rapidement, Tanguy a su faire sien le projet. Il en suit tous les aspects immédiats ou futurs et s’y investit complètement tout en sachant qu’il ne sera là que jusqu’au mois d’août 2011...alors que les choses continueront avec d’autres. Sa formation d’ingénieur, le plaisir qu’il prend à bricoler, à réparer, à chercher (et trouver) des solutions dans un pays et sur un chantier où tout est à penser et à faire sont précieux.

C’est ainsi que…l’esprit serein, je vais pouvoir prendre mes congés les mois d’avril, mai et juin prochains et m’éloigner, non pas du projet…mais du chantier pour un  temps de repos auquel j’aspire et dont j’ai franchement besoin ! Je rencontrerai probablement la plupart d’entre vous à travers une France que j’aime « sillonner » quelque soit la saison ! Avec les dernières photos que j’apporterai et à un moment où nous allons franchir une nouvelle étape qui est le commencement de la construction des premiers bâtiments, il me reste encore à vous remercier vivement pour l’intérêt que vous ne cessez pas de porter à ce beau projet de l’hôpital Sainte de Mananjary. Oui ! Merci de votre amitié et de votre générosité !         

Jean Yves

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